Histoire

Introduction

Édifié en 1917, l’Hôpital Sainte-Anne fut l'un des neuf hôpitaux créés au Canada par la Commission des hôpitaux militaires sous le gouvernement Borden, pour répondre à l'afflux sans précédent de malades et de blessés généré par la Première Guerre mondiale.

Le 1er avril 2016, ce dernier hôpital administré par Anciens Combattants Canada a été cédé au gouvernement du Québec. Il relève dorénavant du Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux de l’Ouest-de-l’Île-de-Montréal (CIUSSS ODIM).

Une guerre plus longue et lourde que prévu

La Première Guerre mondiale dura beaucoup plus longtemps que prévu. En 1914, les soldats des pays d'Europe et des colonies et dominions britanniques partaient pour le front en chantant, sûrs d'une victoire facile et prompte qui les ramènerait chez eux indemne, à temps pour Noël. Or les seuls à revenir pour cette date furent les blessés et les malades qui avaient pu trouver une place dans des hôpitaux, la quantité de lits disponibles y étant extrêmement limitée.

Des infrastructures insuffisantes

À l'été 1915, la Grande-Bretagne exhorta les pays du Commonwealth à rapatrier leurs blessés pour les y soigner à leurs propres frais, l'Angleterre ne disposant ni de la place ni de l'argent pour le faire. Au Canada, même si des résidences privées et des maisons de campagne avaient déjà été offertes en donation par des Canadiens aisés pour soutenir l'effort de guerre, elles ne suffisaient pas à répondre à la demande de soins.

Le premier ministre Borden délégua le dossier à divers hommes d'affaires canadiens. Ainsi naquit la Commission des hôpitaux militaires, par l'arrêté ministériel du 30 juin 1915. M. Lougheed, homme d'affaires de l'Ouest du Canada, en était le président et M. Scammell, le secrétaire. La Commission se réunit pour la première fois le 20 juillet. Sa première mission consista à gérer les maisons offertes en donation et à les adapter à leur future vocation.

Le 7 octobre 1915, la Commission avait sous sa juridiction onze hôpitaux et maisons d'habitation pouvant accueillir 600 patients internes et externes. En 1916, les coûts d'opération étant trop élevés pour le nombre de patients soignés, on privilégia la conversion de bâtiments de grande taille en hôpitaux pour convalescents. Parmi ceux-ci figuraient le Deer Lodge de Winnipeg, l'école Bishop Strachan de Halifax, le Collège Knox de Québec le Collège Loyola et le couvent des Sœurs Grises de Montréal. Mais ces conversions revenaient souvent plus cher que de construire des installations neuves.

1916 : changement de stratégie

Après le choc de la bataille de la Somme, le 1er juillet 1916, le nombre de soldats blessés explosa, dépassant la capacité d'accueil de l'Angleterre et du Canada. La Commission se rendit compte de l'insuffisance généralisée de sa capacité hospitalière, sauf près d'Edmonton où l'hôpital Strathcona avait récemment été acquis. Les ports de Québec et de Halifax n'étaient, eux non plus, pas prêts à accueillir les blessés, pas plus que les dix voitures-hôpital commandées aux compagnies de chemin de fer Canadien Pacifique et Intercolonial. Aussi, à l'été 1917, la Commission érigea-t-elle le premier hôpital militaire pour convalescents, de construction rapide et économique, à Camp Hill, à Halifax. Cet hôpital, comme ceux qui le suivirent, comprenait des résidences pour les officiers et le personnel, un centre de formation professionnelle et une salle de loisirs. Les emplacements étaient choisis pour leur attrait et pour leur accessibilité par route ou par voie ferrée. Pendant l'été 1917, la Commission entreprit plus de projets de construction que tout autre ministère du gouvernement canadien.

Grâce aux nouvelles installations, la Commission réussit à répondre à la demande. Alors qu'à la mi-1917 elle ne disposait que de 5 600 lits, à la fin de l'année, elle en avait 13 802, dont 1 428 réservés aux tuberculeux. Le nombre de patients put ainsi passer de 2 620 à 11 981.

La naissance de l'Hôpital Sainte-Anne

L'Hôpital Sainte-Anne (HSA), une construction classique de bois et de stuc, fut édifié à la fin de 1917. Son emplacement était avantageux. Construit sur un terrain loué au Collège Macdonald de l'Université McGill, il était proche de la route principale reliant Montréal à Toronto et des voies ferrées des compagnies Canadien National et Canadien Pacifique. Les voitures-hôpital transportant les malades et les blessés alités pouvaient déposer ces voyageurs aux portes de l'Hôpital grâce à deux voies secondaires. La proximité de la ville permettait de faire aisément venir des spécialistes et de faciliter les visites à des patients qui pouvaient néanmoins bénéficier de l'air pur de Sainte-Anne-de-Bellevue.

Le premier contrat couvrit la construction de quatre bâtiments parallèles liés par un corridor continu, d'une aile administrative et d'un pavillon pour les chirurgies. D'autres bâtiments s'y ajoutèrent par la suite. Chaque bâtiment mesurait 250 pieds de long et 40 pieds de large et comptait deux étages. L'intérieur était fonctionnel, spacieux et bien équipé. D'après la fiche de contrat, le pavillon opératoire possédait l'équipement le plus moderne pour la chirurgie et la massothérapie, de même que des installations pour l'hydrothérapie et l'électrothérapie.

À partir du bâtiment de deux étages, les patients avaient facilement accès à l'extérieur. Chaque pavillon était pourvu de grandes fenêtres et de porches offrant de larges vues extérieures. La communication d'une salle commune à l'autre était aisée. Quelques années plus tard, des jardins furent aménagés entre les ailes de l'Hôpital.

L'HSA était à l'origine une construction temporaire qui pouvait aisément être convertie en installation permanente. Même si aucun sous-sol n'avait été construit, les fondations s'enracinaient bien en dessous de la ligne de gel. L'ossature en bois des bâtiments était couverte de deux épaisseurs de papier de construction imperméable, d'un fond de clouage, de lattes métalliques et de deux couches de stuc. L'intérieur des murs était recouvert de panneaux d'amiante et le couvre-sol était en érable. L'alimentation en électricité était assurée par une centrale propre à l'Hôpital. L'eau était fournie par la Corporation de Sainte-Anne-de-Bellevue. Peu coûteux et rapidement construits, ces bâtiments servirent jusqu'à leur remplacement, en 1970-1971, par le nouveau bâtiment de treize étages.

L'ambiance à l'HSA était amicale, mais disciplinée. En 1916, la Commission des hôpitaux militaires imposa une discipline militaire aux institutions qu'elle gérait afin d'augmenter la participation aux programmes de formation professionnelle et de réduire les risques d'écarts de conduite de la part de certains anciens combattants.

Les districts militaires furent transformés en unités du Hospitals Commissions Command, faisant ainsi passer le personnel et les patients sous autorité militaire. La discipline militaire fut la règle à l'HSA jusqu'au déménagement, en 1971, dans le nouvel édifice.

L'entre-deux guerres

En 1920, l'Hôpital passa sous tutelle du ministère du Rétablissement civil des soldats, formé au lendemain de la guerre. Le 1er avril 1920, un centre de neuropsychiatrie fut inauguré et des patients de l'hôpital militaire Cobourg d'Ontario y furent transférés. Toujours en 1920, un pavillon de trente lits destiné aux tuberculeux fut aménagé sur le terrain de l'Hôpital. En 1924, l'Hôpital fut ouvert aux patients requérant des soins infirmiers à domicile. Alors que la vie au Canada reprenait son cours, l'HSA continuait de soigner les hommes et les femmes qui s'étaient battus pour leur pays. L'HSA avait alors deux vocations principales : la médecine générale et la psychiatrie. Parallèlement de gros efforts étaient consacrés à soigner les maladies mentales.

La Seconde Guerre mondiale

Au début de la Deuxième Guerre mondiale, l'HSA, qui relevait alors du ministère des Pensions et de la Santé nationale, connut un regain d'activité. En 1940, les bâtiments « G » et « H » furent rapidement construits, augmentant de 320 lits la capacité de l'Hôpital. À la fin de 1941, l'Hôpital comptait 672 lits.

Une salle de loisirs fut construite en 1942. En 1943, un incendie apparu dans la cantine détruisit partiellement le bâtiment. Il fallut faire venir de l'équipement de Dorval et pomper l'eau d'un bassin. L'incendie fut suivi d'une période intense de construction et de reconstruction. La cantine s'agrandit et les anciens bâtiments de service furent remplacés par un édifice de béton. En 1944, un nouveau pavillon administratif vit le jour et l'Hôpital s'équipa d'un nouveau collecteur d'incendie pour se prémunir contre le feu.

Le pavillon de la Croix-Rouge, dédié aux visiteurs, fut érigé à côté du pavillon administratif et inauguré le 22 mars 1944. Il remplaça un bâtiment situé sur la rue Sainte-Anne, au centre du village, où l'Hôpital logeait les amis et les familles de ses patients. À l'époque, un pavillon situé sur le bord de l'eau servait de logement au personnel d'ergothérapie et aux loisirs des patients.

Les dossiers de l'HSA indiquaient qu'en date du 28 février 1945, 95 % des 1 022 lits étaient occupés.

Le 20 mars 1945, l'Armée inaugura l'Hôpital St. Mary's à Montréal, pour alléger la charge de l'HSA. Les 300 lits qui se libérèrent ainsi purent alors accueillir des tuberculeux.

Le Foyer Senneville

Le 2 septembre 1945, la Deuxième Guerre mondiale prenait officiellement fin. Le 18 septembre, Ian Mackenzie, chef du nouveau ministère des Affaires des anciens combattants, écrivit à C.D. Howe, son homologue du ministère des Munitions et Approvisionnements, pour lui demander l'autorisation de construire des centres de santé et d'ergothérapie à Vancouver, Winnipeg, Saint John, et Senneville, localité située sur les rives du lac des Deux-Montagnes, jouxtant Sainte-Anne-de-Bellevue. Charles David devait être l'architecte du nouveau projet d'hôpital qui serait érigé sur le site du Golf and Country Club de Senneville – l'un des plus beaux de l'Île de Montréal – qui avait fait faillite.

Le 16 mars 1946, le docteur John C. Mackenzie, du ministère des Affaires des anciens combattants, présenta un rapport sur le besoins de construire un hôpital pour tuberculeux à Senneville. Il y était question du nouvel hôpital thoracique destiné aux tuberculeux et pouvant leur offrir l'air pur, le soleil et la vue agréable que cette maladie exigeait (comme on le pensait à l'époque). Senneville était l'emplacement idéal. Chaque aile de cet hôpital devait compter un solarium, une terrasse sur le toit et une fenestration généreuse, afin d'offrir des soins de thérapie récréative et d'héliothérapie. La construction fut lancée sur-le-champ et dura six mois. Ainsi naquit le Foyer Senneville, qui pouvait accueillir jusqu'à 275 patients aux soins ambulatoires, dans des bâtiments entourant une cantine centrale et des salles de loisirs.

Le 1er juin 1950, ces installations furent transférées sous la responsabilité administrative de l'HSA. Cependant, avec le temps, elles durent être fermées pour cause de vétusté. Les anciens combattants qui y logeaient bénéficièrent d'une place privilégiée à l'HSA.

L'après-guerre

En 1950, le ministère des Affaires des anciens combattants racheta à l'Université McGill le terrain sur lequel l'HSA était bâti. L'Hôpital comptait alors près de deux douzaines de bâtiments. Les pavillons « A » à « G » s'étendaient de part et d'autre du bâtiment administratif central et du pavillon dédié aux chirurgies. Derrière celui-ci, une imposante construction de béton était accessible par le couloir principal. Le bâtiment « H », un bloc d'isolement, le centre de loisirs et celui d'ergothérapie étaient tous alignés sur le côté nord-ouest du groupe principal de bâtiments. Les maisons des médecins étaient, quant à elles, situées près du portail.

Sur le côté sud-est, le long de la voie ferrée, se trouvaient la centrale principale, la blanchisserie, les garages, les écuries et les magasins. Les appartements du personnel et les résidences des infirmières étaient situés du côté nord, de même qu'une serre, un garage et des ateliers de menuiserie et de peinture. Plus loin se dressait l'aile psychiatrique. L'Hôpital avait une capacité de 1 100 lits et comptait 1 062 patients : 105 lits en médecine générale, 448 en psychiatrie, 7 pour les patients tuberculeux et 502 pour les autres anciens combattants (chiffres de 1952). Bientôt allaient commencer à arriver les anciens combattants de la Guerre de Corée.

À la fin de la Deuxième Guerre mondiale, le ministère des Affaires des anciens combattants entama la fermeture de quelques-uns de ses établissements et transféra les patients ailleurs. Les tuberculeux de l'Hôpital de Saint-Hyacinthe furent alors transférés à Sainte-Anne. Pour les accueillir, les étages supérieurs de trois bâtiments furent rénovés, donnant naissance à l'annexe Saint-Hyacinthe de l'HSA.

Vers le milieu des années 50, le nombre de patients en psychiatrie rattrapa celui des patients en médecine générale. Sur les 1 078 patients de l'Hôpital, 350 patients en psychiatrie occupaient l'aile psychiatrique, tandis que 200 autres étaient logés dans cinq salles du pavillon principal et 20 autres avec les tuberculeux. À partir de 1955, la vocation psychiatrique commença à s'imposer à Sainte-Anne et l'Hôpital commença à jouer un rôle de chef de file dans la recherche qui s'y rattachait.

Parallèlement, on commença à réduire le nombre de patients internés en psychiatrie. Grâce à de nouveaux médicaments, on pouvait maintenant stabiliser leur état. Ils avaient alors accès aux soins ambulatoires et pouvaient réintégrer la communauté.

À la fin de la Deuxième Guerre mondiale, le Ministère entreprit d'investir dans la recherche médicale. C'est ainsi que l'HSA et l'Hôpital Queen Mary's pour anciens combattants devinrent des centres d'étude et de soins pour la rééducation des paraplégiques et des quadriplégiques. Le docteur Gustave Gingras, jeune médecin talentueux qui avait collaboré avec le neurochirurgien Wilder Penfield pendant la guerre, vint travailler aux Hôpitaux Sainte-Anne et Queen Mary's sur la rééducation des paralytiques. Ses travaux lui valurent une renommée mondiale. De nombreux autres médecins contribuèrent aussi, par leur travail à l'HSA, à la recherche sur l'alcoolisme et la gériatrie. Par ailleurs, dans les rapports annuels de l'HSA de la fin des années cinquante, on note qu'un comité coordonnait la projection régulière de documentaires portant notamment sur l'utilisation de nouvelles techniques de traitement et de réhabilitation.

Au 1er janvier 1958, l'Hôpital hébergeait 1 139 anciens combattants pour une capacité réelle de 1 130 lits. Le nombre de patients âgés augmentait et celui des tuberculeux reculait. Il fallut donc réorganiser les unités de soins. À l'époque, on faisait surtout état de nombreux cas d'artériosclérose. On ne parlait pas encore de la maladie d'Alzheimer, pour ne nommer que l'une des affections qui touchent les personnes âgées.

Toujours en 1958, le Foyer Senneville vit naître un Comité des résidents ayant pour mandat d'accueillir les nouveaux venus. Le service d'ergothérapie organisait diverses activités et l'on mentionne entre autres qu'un débat avait été préparé sur le projet de la Voie maritime du Saint-Laurent. Afin de mieux connaître le sujet, on avait organisé un voyage à Cornwall. Un jeu-questionnaire permettait ensuite aux anciens combattants de vérifier leurs connaissances. Le Foyer comptait 241 résidents.

La fin des années cinquante fut marquée par la diminution du nombre de patients en psychiatrie, alors que les maladies physiques augmentaient.

Le nouveau bâtiment

La Deuxième Guerre mondiale était terminée depuis plus de vingt ans, et des changements s'imposaient. Pour un nombre croissant d'anciens combattants âgés, l'HSA devenait un chez-soi.

L'ancien édifice « temporaire » devait être remplacé. On entreprit donc la construction du nouvel hôpital. La politique du Conseil du Trésor consistant à transférer les hôpitaux fédéraux aux gouvernements provinciaux, les plans de l'HSA faisaient en sorte qu'il pouvait être facilement converti en hôpital général et desservir la communauté environnante. Il fut même proposé de déménager l'Hôpital pour le rapprocher de Montréal. Finalement, on conserva le site de Sainte-Anne-de-Bellevue, parce qu'il convenait, entre autres, au plan stratégique établi en cas de désastre. En effet, la voie ferrée était adjacente au terrain de l'Hôpital et l'on retrouvait suffisamment d'espace pour permettre à des hélicoptères d'atterrir. Dans l'éventualité d'un désastre à Montréal, un hôpital bien équipé pouvait alors être mis à la disposition des blessés.

La construction débuta en 1968, mais un incendie s'y déclara avant qu'elle ne soit achevée. Le sinistre s'étant déclaré dans les étages supérieurs, ni les échelles des pompiers ni l'eau des boyaux ne pouvaient l'atteindre, la pression étant insuffisante. 

Il n'y avait d'autre choix que de laisser le feu se consumer, à savoir de laisser brûler les formes de bois destinées au béton. Cette nuit-là, le vent menaçait l'ancien hôpital de bois, essaimant des tisons un peu partout. Des membres du personnel prirent les boyaux et arrosèrent les toits pour prévenir la propagation des flammes. Le feu n'occasionna pas de retard dans la construction, et c'est en 1971 que les patients déménagèrent dans le nouveau bâtiment.

L'ancien édifice ne comptait que deux étages et l'accès, même en fauteuil roulant, était relativement facile. Le nouvel hôpital, avec ses treize étages, requérait l'utilisation d'ascenseurs et de suivre un parcours plus long pour se rendre à l'extérieur. Cet inconvénient était néanmoins mineur en comparaison des nombreux avantages du nouvel édifice, dont la climatisation.

Une vocation qui évolue

Les années 80 et 90 amenèrent des changements graduels à l'HSA. Le nombre de patients commença à décliner et la moyenne d'âge à augmenter.

Les anciens combattants gagnant en âge, le Ministère s'orienta vers la prestation services adaptés de haute qualité, tels que le Programme pour l'autonomie des anciens combattants, qui leur permet de recevoir de nombreux services d'aide à domicile. L'Hôpital continua par ailleurs d'offrir toute une gamme de soins médicaux et psycho-gériatriques visant à répondre le plus adéquatement possible aux besoins physiques et psychologiques des anciens combattants.

 Le 6 mars 1982, le Centre Liaison fut inauguré pour offrir aux anciens combattants vivant à domicile un programme regroupant des services de soutien, des soins et des activités thérapeutiques qui permettent d'éviter ou de retarder l'hébergement en institution.

Les résidents se dotèrent de comités très représentatifs et très actifs. Le Ministère nomma un ombudsman assigné à l'Hôpital, et le souci du respect des droits des résidents culmina en 1991 avec la publication de la Charte des droits et responsabilités du résident. En 1992, on comptait 725 résidents, dont la moyenne d'âge était de 76 ans, et c'est sous le thème « 75 ans d'amour » que l'Hôpital célébra son 75e anniversaire.

C'est en 1998, que s'incorpora la Fondation de l'Hôpital Sainte-Anne. Depuis lors, elle contribue activement à divers projets importants et à l'achat d'équipement spécialisé. Elle joue aussi un rôle clef dans l'aménagement du milieu de vie, le développement de la recherche et l'hébergement offert aux familles et amis des résidents.

De plus, depuis toujours, la contribution des bénévoles est inestimable à la vie des résidents de l'Hôpital Sainte-Anne. Par leur présence et leur engagement, ils contribuent tangiblement au mieux-être des résidents.

Le projet de modernisation

L'Hôpital se composait de 14 bâtiments construits entre 1940 et 1970. Des rénovations s'imposaient pour en palier leur vétusté et pour se conformer aux normes prévalant dans les établissements de soins de longue durée. Le 1er août 2001, il fut donc annoncé que le Conseil du Trésor allouait une somme importante à cette modernisation des installations.

Les travaux majeurs commencèrent concrètement le 3 novembre 2003, avec la construction d'une nouvelle centrale thermique et d'une sous-station électrique. Peu après fut entamée la construction d'un nouveau pavillon destiné à accueillir 116 résidents atteints de déficits cognitifs (tels que la maladie d'Alzheimer). Ce bâtiment, dénommé pavillon du Souvenir, permet aujourd'hui à ceux qui y vivent de bénéficier d'un milieu de vie combinant une philosophie de soins et des installations d'avant-garde spécialement adaptées à leurs besoins.

L'Hôpital prit possession de la centrale thermique et de la sous-station au début de 2006, tandis que le déménagement de plus d'une centaine de résidents vers le pavillon du Souvenir eut lieu en novembre de la même année.

Le projet de modernisation se poursuivit ensuite dans le pavillon principal à partir de janvier 2007. Toutes les unités de soins furent complètement réaménagées. Les dortoirs firent notamment place à des chambres privées et un environnement sûr, confortable et fonctionnel fut créé pour les résidents et le personnel. Depuis la fin du projet en septembre 2009, l'Hôpital compte au total 446 chambres privées dans un environnement hautement adapté à l'offre de soins de longue durée.

Un rôle pionnier en traitement du syndrome de stress post-traumatique

Devant des besoins criants, des efforts furent amorcés à l'HSA en vue d'offrir des services spécialisés à une nouvelle clientèle d'anciens combattants et de membres des Forces canadiennes souffrant de problèmes de santé mentale. En partenariat avec le ministère de la Défense nationale, l'HSA mit ainsi sur pied la première clinique externe du ministère destinée à cette clientèle, en 2001, en tant que projet-pilote.

Officiellement inauguré le 3 juillet 2002, cette clinique offre depuis des soins et services en santé mentale à une clientèle externe de jeunes anciens combattants, notamment pour les cas de syndrome de stress post-traumatique ou autres traumatismes liés au stress opérationnel vécus dans le cadre d'opérations militaires.

L'approche pionnière de ses équipes interdisciplinaires composées de psychiatres, de psychologues, de médecins, de travailleurs sociaux, d'infirmières et d'autres professionnels permit à l'HSA de développer une expertise poussée en la matière, et d'exercer un rôle clé au sein du Ministère, notamment en ce qui a trait au développement et à la coordination du réseau de cliniques pour traumatismes liés au stress opérationnel à travers le pays.

L'Hôpital compte aujourd'hui deux cliniques spécialisées dans le traitement des traumatismes liés au stress opérationnel, l'une externe et l'autre résidentielle.

Affiliation à l'Université McGill

En avril 2007, au titre d'une entente historique, l'HSA s'est affilié à l'Université McGill. Cette affiliation constitue une reconnaissance importante de l'expertise distinctive de l'Hôpital et de la haute qualité de soins et services qui y sont offerts. Elle donne également corps à la vocation universitaire de l'HSA, qui s'articulera autour de deux axes :

  • le volet académique, qui fera de l'Hôpital un centre d'apprentissage universitaire et un milieu potentiel d'épanouissement professionnel pour des étudiants et jeunes diplômés, par le biais de stages cliniques;
  • le volet recherche, qui intensifiera les projets de recherche dans des domaines d'intérêt commun, stimulera l'expansion des connaissances et le développement de nouveaux ponts entre recherche et pratique clinique.

Cette affiliation contribue à créer un milieu professionnel dynamique, propice aux échanges et à l'innovation, dont les retombées bénéficieront directement aux résidents de toutes générations.

Depuis 1917, l'Hôpital Sainte-Anne est fier d'offrir à ses résidents des soins et services de haute qualité!